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woensdag 4 feb 2015

Opinie: Wat als de Solidariteitsrally van 11 januari niets verandert heeft? Gilles-William Goldnadel

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Et si le 11 janvier n'avait rien changé ? Gilles-William Goldnadel

Ces réflexions s'adressent en priorité à tous ceux qui désespèrent, et ils sont nombreux, que rien n'ait changé dans l'expression de la pensée publique depuis l'advenue du pire. À tous ceux qui comprennent enfin que la grande marche du 11 janvier, pour sympathique et émouvante qu'elle put être, fut avant tout une grand-messe narcissique où l'on fit croire, une fois encore, que toute la France était résistante. Alors que la collaboration culturelle avec la soumission idéologique se poursuivait comme si rien ne s'était passé. Mais s'il ne s'agissait pas de pensée mais de prêt-à-penser obligatoire? Et s'il ne s'agissait plus d'un combat culturel à livrer paisiblement, mais d'une guerre psychologique à mener rudement? Exemples à méditer. ...

Jusqu'au 31 janvier, il était Mr. K. Julien Dray, pourtant fin connaisseur du microcosme politique socialiste, reconnaissait ignorer le nom du ministre de la ville et de la jeunesse. Mais on peut passer à la postérité en proférant des énormités. Ce pourrait être l'improbable chance de Patrick Kanner, depuis l'interview qu'il a accordée au Figaro le 31 janvier. Dans le droit fil rouge de l'excuse par l'«apartheid», le ministre de la Ville et de la Jeunesse n'a pas hésité à recommander expressément la discrimination positive pour éradiquer le terrorisme. «Nous avons reçu une claque monumentale avec les attentats de début janvier (…). Il faut combattre le sentiment de relégation et de non-reconnaissance des jeunes des quartiers (…). Les places doivent d'abord aller aux jeunes des banlieues». Ainsi, et une nouvelle fois, un lien direct était tracé entre les assassinats d'iconoclastes, de policiers et de juifs et des victimes sociales et ethniques.

M. Kanner, qui doit lire Libération avec application, aura peut-être malheureusement manqué sa livraison du 28 janvier. Dans un éditorial inhabituel, Laurent Joffrin reconnaît, à propos de Coulibaly, que «le jeune délinquant avait trouvé un travail chez Coca-Cola, (qu'il) a bénéficié de l'intervention de travailleurs sociaux, (qu'il) passait même des vacances au soleil, en Crète, en Malaisie ou en République dominicaine, où il a rencontré sa compagne, qui portait à l'époque un bikini et non le voile intégral. Pas précisément le profil d'un exclu confiné dans sa cité… D'ailleurs, la majorité des exclus ne deviennent pas des délinquants et encore moins des terroristes.»

La ville de Lunel, qui aura constitué le principal vivier des djihadistes français, n'est pas non plus une cité de relégation, et les parents des islamistes radicaux n'expliquent pas la motivation de leurs enfants par le sentiment d'une quelconque exclusion sociale ou ethnique.
Si le ministre paraît-il chargé de l'intégration de la jeunesse, plutôt que de réciter des mantras éculés, s'était donné la peine d'étudier l'histoire du terrorisme islamique des quinze dernières années, il aurait également appris que les Saoudiens du 11 Septembre, loin d'être des misérables laissés-pour-compte, étaient des fils de familles aisées, mais baignant dans le salafisme et la haine de l'Occident «décadent».

En proposant une médecine inadaptée à une maladie dont il ignore la cause, le ministre ne se contente pas de préconiser un remède inefficace: il aggrave le mal. Si les jeunes dont il s'agit ne posaient pas déjà en victimes laissées à leur seule colère, si les délinquants en herbe étaient en quête de justifications pour leurs actes à venir, ce qui est hautement improbable compte tenu de la potion victimaire versée dans leur biberon par la lignée des prédécesseurs du ministre ordonnateur, ce dernier vient de leur en administrer une dernière rasade pour la route de délits à commettre avec bonne conscience.

Une telle erreur médicale peut-elle être encore tolérée tranquillement après les saignées de janvier?

Autre exemple: Pascal Popelin, rapporteur socialiste de la commission d'enquête de l'Assemblée sur les missions et modalités du maintien de l'ordre républicain, raconte (Valeurs actuelles du 4 février) qu'en Seine-Saint-Denis la police a trouvé une kalachnikov dans une voiture. Le propriétaire vient d'écoper de quatre mois de prison… avec sursis.

Concernant la cellule de Cannes qui a commis l'attentat mortel contre un magasin kasher à Sarcelles et que le procureur de Paris avait décrite comme le réseau terroriste le plus dangereux arrêté jusqu'à ce jour, l'un des principaux protagonistes a violé son contrôle judiciaire en ne se présentant plus aux convocations. Il avait été remis en liberté au bout de six mois. Le syndicat FO des magistrats critique une disposition permettant aux criminels de quitter plus facilement le territoire national, le contrôle judiciaire ayant perdu son caractère automatique avec la réforme pénale adoptée récemment.

À présent qu'il n'est plus à démontrer que la criminalité des cités surarmées conduit directement au terrorisme, l'idéologie pénale anticarcérale toujours défendue par Mme Taubira ne conduit-elle pas à s'interroger sur la réelle et sincère détermination du pouvoir socialiste à éradiquer la violence aveugle?

Au-delà de tout débat philosophique sur la prison, celle-ci demeure, n'en déplaise à la garde des Sceaux et à ses amis, la première des prophylaxies. On aurait en effet préféré MM. Kouachi et Coulibaly à Fleury -où ils auraient dû se trouver- plutôt qu'à Paris. Les victimes aussi. Et ce point de vue ne relève pas que d'un désir d'une juste répression, mais encore et surtout d'un humanisme vrai qui désespère du laxisme pervers.

Autre exemple: un aréopage de journalistes distingués, décident, à tort ou à raison, de décerner, dans le cadre d'un trombinoscope, une distinction à un responsable du Front National, parti politique légal. Au moment de la remise des récompenses, et après que le Président socialiste de l'Assemblée Nationale ait refusé de sacrifier à la tradition de se rendre à la cérémonie, les journalistes organisateurs expliquent avec embarras et contorsions que cette distinction n'en est pas vraiment une. Silence dans les rangs.

Le même jour, Roland Dumas, ancien président socialiste du Conseil Constitutionnel, explique fièrement qu'il aurait sauvé la république du danger incarné par le parti précité en refusant d'annuler les comptes de campagne, manifestement faux, du candidat à l'élection présidentielle Jacques Chirac.

Dans un univers médiatique tellement moraliste qu'il prônait religieusement il y a encore quelques jours le respect scrupuleux de la légalité républicaine pour lutter contre le terrorisme, aucun observateur n'a cru devoir s'émouvoir d'une telle révélation. Mon imagination est impuissante à deviner le vocabulaire qu'aurait employé le corps médiatique pour qualifier le scandale, si d'aventure, le Parti Communiste ou le Front de gauche en avaient été victimes. Forfaiture et dévoiement de la démocratie, auraient été considérés comme des euphémismes d'une excessive sobriété.

À ce stade de la décomposition d'une morale médiatique sélective, qui confère sottement au parti de Marine Le Pen la posture enviable en période tourmentée d'un parti maltraité, faut-il encore tolérer l'intolérable suffisance des intolérants insuffisants?

À ce dernier sujet, il relèverait de la salubrité publique que de publier le bêtisier des perles de culture idéologique de la dernière décennie chantant l'ode au multiculturalisme radieux, vantant la douceur du vivre ensemble arc-en-ciel, bénissant la chance insolente de l'immigration, maudissant le racisme inhérent à toute critique de l'islam conquérant, niant hautement tout antisémitisme dans les banlieues victimes, forcément victimes.

Ce livre très noir de la bêtise très rouge rappellerait le nom de tous les prétendus intellectuels qui au cours de la dernière décennie auront expliqué, excusé, justifié l'emploi de la violence aveugle par les fausses victimes.

Tout occupés à raser un mur des cons spécialement érigé en leur honneur, ils cesseraient enfin de proférer impunément leur idéologie mortifère.

Car celle-ci ne relève pas de leur pensée mais de leur psyché, et l'heure si tragique n'est plus au combat culturel, mais à la guerre psychologique. Pour la survie du monde que nous aimons.

FIGARO VOX Vox Societe - Par Gilles William Goldnadel - Publié le 03/02/2015 à 19:46

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/02/03/31003-20150203ARTFIG00399-goldnadel-et-si-le-11janvier-n-avait-rien-change.php

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Bron:  Le Figaro - foto: Gilles-William Goldnadel

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